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NOTRE ACTU

J’AVAIS DES HAUTS, J’AVAIS DES BAS !

FORMER AU SON AU SERVICE… DE VOS PROJETS !

EN VOL VERS D’AUTRES CIEUX !

J’AVAIS DES HAUTS, J’AVAIS DES BAS !

Avec cette expression, utilisée par l’écrivain Philippe Djian pour une chanson de Stéphan Eicher, on résume ici l’année 2021, mais surtout l’automne de Sonorium Francophone.

Pour rappel, le premier trimestre 2021 fut la conséquence directe de la crise sanitaire (annulations successives des prestations locales et manque de confiance des particuliers, attendant des jours meilleurs pour commander nos services). D’où un travail plus administratif et sonore en interne, donc peu de rendez-vous. Dès la fin avril, s’est manifesté un afflux soudain de demandes de renseignements et d’appels ou de courriers électroniques. L’une de ces sollicitations de nos services audio émane des Archives Sonores (sous l’égide du Conseil Départemental de Dordogne-Périgord), souhaitant numériser 35 grandes bandes magnétiques. D’autres sont formulées par de nouveaux bénéficiaires déficients visuels de diverses régions. Parallèlement, au second trimestre, nous modifions nos outils de communication (hébergeur Internet, publications écrites et disque de présentation). Les deux formations au son, programmées en juin et juillet, se déroulent après l’édition 2021 du jeu Sonoquiz sur notre site Internet. Toutes ces activités,  nous font agir au-delà de l’été

A l’automne, c’est le retour de quelques rencontres physiques et la poursuite de travaux sonores retardés. En effet, nombreux furent les décalages temporels pris pour ces commandes, provoqués par  d’abord des soucis électriques et matériels, puis par des questions administratives. Nous devons en effet rédiger des courriers impromptus, voulant régler de désagréables situations et faisant  réagir les adhérents à la dernière minute. Après avoir laissé des doutes sur la continuité du partenariat avec la municipalité de Coulounieix-Chamiers, cette dernière nous a démontrés, tout au long de l’année, que la situation n’irait pas en notre faveur (suppression de nos prestations au profit d’une société privée, réduction de subvention, etc.) L’association a donc recherché d’autres partenaires et s’est concentrée également sur le service individuel. Les projets formatifs pour 2022 se préparent par les rencontres des futurs stagiaires nantais et parisiens. Une nouvelle relation partenariale avec le centre social et culturel du Gour de l’Arche de Périgueux, nous conduit au renseignement sur le handicap visuel pour plusieurs demandeurs.

Zoomons sur certains de ces points forts :

Le 11 septembre, pour notre Pôle Audio-Vidéo, Claudine, Damien et Arnaud ont fait « brailler le son », pour l’édition 2021 de « Vive la Rentrée », contenant le Forum des Associations de Périgueux. La veille, ils installaient le matériel, pour tester la première sonorisation et animation parlée dans ce stade Francis Rongérias. Les organisateurs avaient mis à disposition un barnum, deux tables, des chaises, quelques passe-câbles et l’accès à l’électricité. Sonorium a ressorti de son armoire, les équipements audio qui dormaient depuis plus d’un an (crise sanitaire oblige). Branchées électriquement avec moins de 200m de rallonges et à la console de mixage par moins de 500m de câbles audio, les trois enceintes diffusaient une programmation musicale, un peu ciblée sur des artistes locaux, ainsi que les annonces et la parole de quelques associations souhaitant s’exprimer. Bien sûr, il est toujours des mécontents du son, mais globalement, beaucoup de retours positifs nous ont été présentés. Vitrine de l’action de Sonorium, ce stand a reçu la visite des partenaires municipaux en vue de futurs projets. Cette prestation fut proposée par Sonorium en juin, étudiée et valorisée par Gabriel Mourguet, salarié municipal en la Maison des Associations de Périgueux, puis soutenu et appuyé par les élus.

Parmi les rencontres de cette journée associative, Nadia Wazni, nouvelle adulte relai du centre social et culturel du Gour de l’Arche de Périgueux a initié avec nous, un lien social, ciblé sur l’aide aux familles dont un membre connait un handicap visuel. Ainsi, deux cellules familiales, issues du quartier en difficulté répondant aux politiques de la ville,  sont entrées en contact avec notre équipe.

Du  22 septembre au 22 octobre, nous avons observé la demande de Madame Arnaudin, habitante du quartier du Toulon, dont les deux enfants connaissent un handicap associé (syndrome de Marfan et maladie de Hirschsprung), impliquant une déficience visuelle. L’approche des problématiques s’est d’abord effectuée par une évocation des outils de lecture braille et audio, puis par la difficile reconnaissance des tiers valides, qu’ils soient institutionnels ou individuels, face aux problématiques visuelles dans les maladies rares ou orphelines avec leurs possibles évolutions et les séquelles permanentes, rendant compliqués les actes pratiques du quotidien. Dans ces perspectives, Sonorium Francophone peut faire bénéficier de ses expériences et de ses connaissances du réseau associatif départemental et national, afin de tenter de résoudre chaque situation handicapante pour les enfants et pour leur maman. Cette requête complexe de la famille se poursuit par une rencontre, le mercredi 29 septembre. La maman expose un souci d’absence de scolarisation en milieu valide pour les jumeaux de 16 ans. Avec leur frère aîné (25 ans), ils  présentent leurs envies autour de la radio, du journalisme, des outils modernes de communication. Autant de domaines dans lesquelles l’association intervient ! En octobre, le Pôle Formations rédige une proposition de parcours formatif pour l’année à venir pour Matéo et Corentin. Au préalable, leur niveau scolaire devrait être analysé. Répondant même aux difficultés de transport des éventuels bénéficiaires, ce long programme pédagogique de plus de 10 semaines comprend également une sensibilisation au braille et à l’audio pour la famille. Ce long parcours formatif pour les 2 déficients visuels, aurait été financé par l’Agefiph, puis des mécénats et une subvention de la politique de la ville auraient complété la donne. La famille bénéficiaire n’avait rien à versé, ni à rembourser ! Mais, n’ayant pas confiance et souhaitant garder avec elle, ses enfants sans scolarisation ni aide à la formation, la mère de famille rejette notre proposition et nous raccroche au nez le 22 octobre. Cette fin de projet semblait prévisible par divers services périgourdins qui avaient eu à faire avec « cette mère un peu trop protectrice ! »

Après cette première tentative, aux côtés du même partenaire social, le mardi 16 novembre, nous recevons en nos locaux et étudions la situation de Marlène Carlier, Quinquagénaire périgourdine à l’ouïe et la vue déclinantes. Marlène est accompagnée par Sophie Ampe, formatrice au centre Clairvivre en lien avec l’AFPA de Boulazac-Isle-Manoire. Au-delà de la question d’une pratique bénévole d’agent d’accueil, que la demandeuse malvoyante et malentendante va pratiquer auprès de l’APF, sont abordés des conseils facilitant son quotidien : la reconnaissance et l’acceptation des handicaps, les palliatifs tactiles et sensoriels à ces dégradations progressives de la vue et de l’audition, tout comme l’anticipation autour des outils adaptés. Cette première prise de contact de 90mn, pour faire connaissance, en appelle d’autres pour analyser ses demandes et ses projets de vie. En fait, par cette rencontre, trois perspectives se sont présentées à nous : les envies et besoins de Marlène, le projet de remise sur une voie formative ou professionnelle pour Maylis (sa fille de 22 ans, que nous rencontrerons en janvier 2022 en rapport avec l’adulte relai de la mairie de Périgueux), mais aussi l’approche et un lien avec la formatrice Sophie, œuvrant avec des personnes en situation de handicap visuel avec le centre de Clairvivre en Dordogne-Périgord.

Dans un autre cadre relationnel, notre Pôle Sensibilisations est intervenu, les 28 et 29 octobre, à Coutras en gironde, auprès de Virginie, sur la sollicitation de son ami Adrien, ayant œuvré bénévolement en 2015 pour la construction du studio de Sonorium. En 2021, la trentenaire diabétique vient de subir plusieurs interventions chirurgicales aux deux yeux, la plongeant dans le noir pour une durée indéterminée. Stressée mais volontaire, Virginie cherche les solutions palliatives en attendant de recouvrer la vue. Fort de son expérience de non-voyant et de ses connaissances médicales en ce domaine, notre président Arnaud, aidé de notre trésorière Claudine, adaptant les situations visuellement handicapantes, lui donnent des informations et conseils. Nous lui montrons le déplacement en intérieur et en extérieur de son appartement avec une canne blanche, puis lui expliquons comment se servir de ses autres sens (auditif, olfactif et tactile) pour se situer dans un endroit inconnu comme un supermarché, par exemple. Nous lui faisons entendre des synthèses vocales pour ordinateur et pour IPhone, jusqu’à interpeler l’assistant vocal du téléphone ; aidés à distance par Elisabeth, notre secrétaire aveugle. Au-delà de diverses petites adaptations du quotidien autour du vestimentaire, des repas et  du rangement, aidant aux prises de repères, nos informations lui expliquent les aspects complexes du jargon médical ophtalmique ; Arnaud lui expose par des images oralisées, les problèmes de santé visuelle qu’elle rencontre. Sans forcer sur l’optimisme, tout en restant pragmatique, il rassure Virginie, tout en démontrant l’utilité future de ces apprentissages reçus, en cas de nouvelles interventions médicales pour ses yeux. La jeune femme, en phase d’acceptation de la situation, est reconnaissante du temps accordé, de l’exemple d’attitude du non-voyant (l’aidant à reproduire ce qu’elle observait avant) et du travail conduit par notre équipe pour elle.

Revenons aux actions pour une municipalité ou, plus exactement à l’absence de nos actions pour Coulounieix-Chamiers ! Sollicités depuis décembre 2020, pour proposer notre devis de prestation sonore pour son forum associatif, nous assistons à une rencontre en mai, durant laquelle la municipalité nous tiendra le bec dans l’eau. Puis, après avoir baissé notre subvention, elle nous informe qu’un autre prestataire est choisi : une société privée, dont le gérant est un camarade d’enfance du maire ! Une société privée pour prestataire d’un événement associatif, alors qu’une association moins chère pouvait agir ! N’y-a-t-il rien qui vous choque ?

Le 25 septembre, Sonorium tient un stand de présentation au Forum des Associations de Coulounieix-Chamiers, organisé par le service municipal de la vie associative. Saoulés et assourdis par les sons irréguliers du sonorisateur, Denise, Claudine et Arnaud ont reçu sur le stand une dizaine de personnes, dont huit nous connaissaient déjà et prenaient de nos nouvelles depuis l’éloignement causé par les confinements. Le matin-même, autour de l’installation, nos responsables ont découvert, malgré les dénégations orales et mensongères du maire, les sombres perspectives des suppressions de nos prestations locales : pour cette commune, exit nos sonorisations et animations !

Face à cela, nous rédigeons une lettre au maire et sollicitons les réactions de nos adhérents les plus éloignés géographiquement. Bizarrement, alors que nous n’avions pas eu de réponses aux derniers courriers, celui-ci, peut-être plus virulent en restant courtois, a obtenu une réaction : le maire nous a reçus dans son bureau le 21 octobre. Face à ces désengagements et aux exclusions de nos services, ainsi présentés, l’élu use de la langue de bois, faisant payer à l’association, l’engagement personnel de son président sur une autre liste électorale aux municipales 2020, tout en nous invitant à présenter nos devis pour des prestations déjà sonorisées. Deux jours avant celles-ci, la lettre de l’adjointe au maire écarte, une fois encore, notre proposition. Statutairement, cela remet en cause la présence d’un stand de vente au Marché de Noël Associatif de Coulounieix-Chamiers des 4 et 5 décembre ; l’objectif de Sonorium Francophone restant le projet sonore au service du handicap, plus que l’aumône charitable et consumériste ! Du coup, comprenant la mort de relations avec cette commune, Sonorium se tourne vers d’autres localités en quête de partenariats.

Durant toute la matinée du vendredi 17 décembre, au Marché de Noël de Trélissac, notre sonorisation et notre animation auront accompagné notre stand de vente de créations artisanales (bracelets et boucles d’oreille, cartes de vœux et boules de Noël, ronds de serviette, figurines pendentif, etc.). Auront tourné 80 chansons de Noël (parmi plus de 900 possibilités en notre possession), accompagnées de l’animation parlée, donnant l’expression aux stands présents et valorisant l’événement local. Une prospection fut menée, en octobre, par un document explicatif, un devis et une chaleureuse rencontre avec l’association des Amis du Marché.

Entretemps, durant l’automne, les travaux sonores se poursuivaient pour des particuliers, entre l’écoute critique de fichiers envoyés par d’anciens stagiaires, la mise en audio et le montage de manuels d’outils audio et les préparatifs écrits de compte-rendu d’actions, de dossiers de demandes de subventions ou de documents pour la future Assemblée Générale de début janvier 2022.

FORMER AU SON AU SERVICE DE VOS PROJETS !

Répondre aux projets audio individuels de déficients visuels par la formation « Apprendre les Techniques du Son », c’est la démonstration que fait Sonorium Francophone depuis 2006. Ainsi, il est prévu pour 2022 quatre stages, soit un total de 13 semaines d’enseignements aux thématiques variées. Certaines périodes restent à confirmer pour les dates, mais les envies des futurs stagiaires sont là ! L’enregistrement, le montage et le mixage constitueront les sujets de la 25ème formation que conduira l’association, pendant deux semaines d’avril 2022, pour Nathalie de Paris. L’artiste quinquagénaire aveugle a pour but de créer des ambiances sonores pour ses spectacles entre autre. En juin probablement, l’équipe formatrice de Sonorium recevra David, quadragénaire non-voyant de la région Nantaise, pour accompagner son projet de Musique Assistée par Ordinateur. Pendant deux semaines, il va confronter son expérience avec d’autres musiciens intervenants, mais surtout découvrir et pratiquer les techniques d’acquisitions d’instruments de musiques sur l’outil informatique, en vue de composer ses créations musicales ensuite. Satisfaits de leur premier stage au son, deux bénéficiaires veulent revenir ! D’abord, Stéphane de Normandie  (voir plus bas) a réservé une semaine d’août, pour perfectionner sa technique de DJ ; les enseignements seront alors orientés vers les pratiques extérieures, ciblées sur la qualité du son en fonction du lieu. Puis, Emmanuel, quadragénaire aveugle d’Ile-de-France, souhaite une nouvelle orientation professionnelle. D’un point de vue formatif, après avoir vécu deux semaines d’août 2019 à nos côtés, pour la mise en pratique d’acquisitions informatiques de ses instruments acoustiques, le musicien non-voyant est maintenant demandeur de huit semaines d’apprentissage sur la numérisation de supports analogiques et leurs traitements audio, puis sur la sonorisation et l’animation de lieux festifs. Son projet professionnel tournerait autour de ce dernier thème. Le contenu travaillé par notre formateur en lien avec le futur stagiaire, Sonorium Francophone programme, pour la fin d’année 2022 et début 2023, quatre modules de deux semaines chacun. Ainsi donc, nos stages thématiques s’adressent aux mal et non-voyants de tous âges, avec une envie de toucher au son, dans n’importe quelle activité, personnelle ou professionnelle, novice, amateur ou déjà pratiquant, que cela soit pour de la musique, du Dj ou de la sonorisation, de l’animation musicale ou parlée(radio ou autres), de l’enregistrement ou du traitement de sons, du reportage ou de l’interview,  du montage ou mixage, de l’utilisation d’outils sonores variés, de la découverte ou du perfectionnement de ses techniques et d’autres, le but restant votre projet et l’adaptation à votre déficience visuelle.

Programmées depuis l’automne 2020, les 23ème et 24ème formations « Apprendre les Techniques du Son » viennent d’être conduites dans le studio associatif de Sonorium Francophone, l’une d’une semaine en juin ; l’autre occupa deux semaines de juillet. En plus d’être lauréats de notre jeu sonore 2020, ces deux stagiaires aveugles ont un autre point commun : enseignant l’informatique, ils se sont succédé à ce poste en l’Institut National des Jeunes Aveugles de Paris. Exposons ici ces stages et leur contexte.

Entre le 14 et le 18 juin 2021, l’un des lauréats du jeu sonore 2020 est venu se former au son. Le septuagénaire non-voyant avait pour projet, l’amélioration de ces podcasts sonores. Christian de Paris a repris les bases d’enseignements, d’abord théoriques, puis pratiques, autour du son, de ses méthodes d’enregistrements avec des micros en extérieur et en intérieur (tel qu’on peut le voir sur la photo). Après avoir revu comment placer sa voix et les caractères à exprimer face au micro, le stagiaire a découvert un logiciel de traitements sonores. Les mixages, enchaînements et effets audio lui auront-ils permis de revoir son préjugé à propos des jeunes DJ ? Toujours est-il que cela l’a bien amusé, à en juger par la production qu’il a réalisé. Ce fichier audio vous est proposé en téléchargement gratuit.

Téléchargez ici « Je suis le meilleur mix par Christian ».

De gauche à droite, Christian au micro-casque et Arnaud, à l'ordinateur.
Crédit photo : Claudine AUDRIX-DUPUY

Pour mettre en pratique sa passion sonore, une personne aveugle ou malvoyante manipule des instruments audio : lecteurs, enregistreurs, console de mixage, boîte d’effets, sampler, matériel d’amplification ou de traitement du son, etc. Ces appareils, analogiques ou numériques, ont des buts différents selon les envies des déficients visuels. Selon l’aspect complexe de l’outil, voire son accessibilité au handicap, le recours à la notice d’utilisation devient indispensable. Quand elle est rédigée « en noir » et que ni l’agrandi ni le braille ne peuvent aider, les trentaines ou quarantaines de pages doivent être lues en audio ! L’oral se met alors au service du son ! Parfois, cela s’avère insuffisant, car certaines connaissances en techniques du son deviennent obligatoires pour l’utilisateur !

Lauréat de notre jeu sonore 2020, Stéphane de Normandie, veut pratiquer les techniques de DJ amateur. Son projet audio était ainsi exprimé, nonobstant les problèmes d’adaptation à ses nouveaux équipements. Il a acheté des matériels professionnels de son : une console de mixage numérique Pioneer DJM900NXS2 et un multi-lecteur CDJ2000NXS2 de la même marque et même catégorie. Mais, ne voyant pas, il ne peut pas lire les notices. Ces modes d’emploi sont non seulement écrits, mais complexes : des icônes remplacent des parties de textes, des graphiques et schémas, ainsi que des tableaux font que diverses structures ne se risquèrent pas à cette transcription pour le non voyant ! Après une étude des documents écrits, une analyse de comment adapter le texte à l’audio, de choix sur quelle voix allait enregistrer quelle partie, de comment sonoriser tel passage, Sonorium Francophone a pris le parti de relever ce défi. Après cette préparation en janvier et février, débutaient nos séquences d’enregistrements. Merci à Sandrine, Claudine et Arnaud, pour leur voix, malgré des problèmes de migraine ou de genoux, retardant les échéances envisagées. Depuis mars, une fois lus, les textes audio sont nettoyés, au fur et à mesure, par Claudine. Elle supprime les hésitations, rapproche les morceaux de textes parlés, découpe les thèmes, en suivant scrupuleusement la notice écrite. Alors que tout n’est pas fini de lire en avril, Arnaud utilise les instrumentaux libres de droits et créés par les bénévoles de Sonorium, pour les mélanger aux séquences parlées. Comme il s’agit de matériels traitant le son, des effets sonores sont employés ; certains même traduisent des concepts lisibles dans ces manuels : des réverbérations des voix signifient un titre de chapitre ou de sous parties, de courts extraits musicaux (dans un sens ou dans l’autre) séparent les sous-thèmes d’un même sujet. Sans oublier, qu’ici ou là, de petits extraits parlés issus de notre banque sonore qui viennent surprendre l’écoute, en vue d’apporter un peu d’humour et un soulagement à une attention trop concentrée de l’auditeur. La mise en audio de ces livrets d’utilisation est conçue pour être exploitée par une personne non ou malvoyante, ayant quelques connaissances du son. En effet, l’un des objectifs d’adaptation s’avérait plus subtile : ces modes d’emploi empruntant des expressions spécifiques au son mais trop pointues, il s’agissait pour nous de traduire ce jargon en langage compréhensible, sans déformer le sens. Il ne suffisait donc plus de lire, mais de rendre accessible les guides de ces outils numériques, autant d’un point de vue d’adaptation des textes pour un non voyant, que pour les aspects complexes des techniques du son. Enfin, en mai, puis en septembre 2021, Stéphane aura reçu les fichiers sonores traduisant ces deux manuels. Merci à lui pour sa confiance et sa patience !

Pendant l’entretien préalable d’octobre 2020 avec le futur stagiaire aveugle, l’équipe formatrice constatait que les problématiques de Stéphane n’étaient pas liées qu’aux matériels ; les vocabulaires montraient une lacune pour ses pratiques de sonorisation. Ainsi, du 12 au 23 juillet 2021, Sonorium a conduit son 24ème temps de formation au son. Le non-voyant professeur d’informatique à l’INJA de Paris, est venu apprendre les techniques de DJ, revoir ses bases car elles semblaient insuffisantes ou mal fondées, adapter son jeu de Disque-Jockey aux publics des fêtes animées, comprendre que la préparation est souvent nécessaire, qu’elle soit écrite ou prémontée, en vue de mixer en direct des sons déjà un peu travaillés, avec des effets sonores, mais pas trop pour ne pas lasser ! Avec la découverte d’un logiciel de traitements, dans sa nouvelle version, il devenait donc impérieux pour ce non-voyant, de pratiquer l’écoute très attentive des qualités sonores, puis l’abandon de certains réflexes informatiques et la vérification systématique de ses diverses actions. Pour perfectionner cette formation, le formateur a fait appel à un DJ professionnel comme témoin intervenant. Le DJ, réalisateur, auteur, compositeur, producteur, souhaitant garder l’anonymat, s’est rendu disponible deux journées, alors qu’il prépare la publication d’un nouvel album. Merci à lui d’avoir accepté de transmettre bien plus que ce qu’il avait découvert dix ans plus tôt, lors d’une initiation avec Sonorium Francophone. Le formateur fut même ému des clins d’œil musicaux ou de quelques phrases prononcées avant et ici retrouvées !

Même souligné par la presse locale, ce grand moment commun se traduit par une production sonore. On pourrait décrire le contenu, mais la surprise est de rigueur ! Alors bonne écoute du « Kiss-Bisous-Mix », téléchargeable gratuitement ! Pour être complet, relevons que Stéphane est en demande d’un prochain stage, ciblant cette fois, les configurations pour sonoriser des salles et des lieux extérieurs, ainsi que la poursuite de pratique de logiciels traitant le son. Une nouvelle semaine formative sera donc organisée en ce sens dans l’été 2022 !

Il convient également de remercier Margot du quotidien Dordogne libre, dont l’article est en photo ici, mais aussi Isabelle de Radios Libre en Périgord, venue enregistrer une interview de 15mn sur cette 24ème formation au son.

Téléchargez ici « Kiss-Bisous-mix »

A gauche, Arnaud. A droite, Stéphane découvrant les différents câbles.
Crédit photo : Claudine AUDRIX-DUPUY
Article Dordogne Libre


EN VOL VERS D’AUTRES CIEUX !

Patrice aux commandes  
Crédit photo : les Mirauds Volants

Fin mars 2021, un document sonore nous est envoyé par Patrice Radiguet, stagiaire assidu de nos formations « Apprendre les Techniques du Son ». Les enregistrements audio, de ce fichier reçu, sont créés à l’aide de l’Olympus-LSP4, qui est un parfait enregistreur dont la vocalisation des menus et divers autres qualités en font un appareil très accessible pour des déficients visuels en quête du bon son. L’auteur malvoyant de ce reportage sonore souhaitait notre écoute critique et nous proposait sa mise en ligne sur notre site Internet. Merci à lui !  Excellente occasion de vous communiquer des nouvelles de ses fonctions.

Cela faisait plusieurs années qu’il l’évoquait. Depuis la fin mars 2021, c’est fait : après 23 ans de bons et loyaux services, le président-fondateur de l’association des Mirauds-volants à céder le manche ! On dit maintenant Madame la Présidente ! Halte là ! N’allez pas comprendre qu’il a changé de sexe ! « Céder le manche » signifie que Patrice ne s’est pas présenté comme président de la structure associative. Désormais, les Mirauds-Volants sont pilotées par une femme ! Elle va donc assurer la suite, sans que le fondateur initial ne reste trop loin, puis elle va poursuivre les stages, ouverts aux déficients visuels avides de piloter un avion.

Cela va donc laisser du temps à Patrice pour de nouvelles fonctions : d’une part, acter des décisions  municipales, puisqu’en 2020, la liste sur laquelle il figurait fut élue à Castanet en Haute-Garonne. Il va en profiter aussi pour développer son action au sein de l’aéro-club, dont il s’occupait déjà, mais avec moins de temps à consacrer à ses heures de vols personnelles. Et puis, qui sait ? Pourquoi pas un autre livre à écrire, puisqu’il a déjà consacré plusieurs ouvrages à sa passion première : l’aviation ! Evidemment, ses déplacements lui permettront diverses productions audio, qu’il nous fera partager, soit en radio, soit sur cet espace qui lui est, bien entendu, ouvert !

En attendant, ce fondu du son, vous propose par notre intermédiaire une promenade audio, intitulée « Dronons tous ensemble ». Téléchargez ici le fichier MP3.


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